Qui est-ce ?”
Seeed.
“Le groupe allemand ?”
Ouais.
“Sérieux? Ça vient vraiment d’Allemagne ?”
Absolument. De Berlin plus précisément.
“Et il n’y a pas de Jamaïcains sur ce disque ?”
Non, Monsieur.
“Putain! Tu me racontes des bobards !“
Fondé en 1998 et sur scène depuis début 99, Seeed peut à juste titre être considéré comme le produit d’un Berlin multiethnique et multilingue et d’une scène dancehall locale alors en pleine effervescence. Si cette formation de 11 membres est parvenue à attirer l’attention au départ, c’est essentiellement grâce à la pêche que dégage son infernal trio vocal – composé de Pierre Baigorry (alias Enuff, moitié français), Frank Delle´(alias Eased, moitié ghanéen) et Demba Nabe´ (alias Ear, moitié guinéen). Mais – disons les choses comme elles sont ! – ça n’a pas toujours été facile. Imprégné d’une myriade d’influences et ayant absorbé des background musicaux hybrides allant du hip-hop au bon vieux rock, Seeed – au moins dans sa toute première incarnation – était censé être, aussi incroyable que cela puis paraître, un genre de fanfare ambulante, style New Orleans, avec aux manettes un ingénieur du son assurant le mixing et le dubbing d’un ensemble composé de batterie, basse, guitares et cuivres. C’est vrai que ça peut paraître un peu bizarre en 2006. Mais en fait, ils ont vite abandonnés ce concept. “Au final le reggae s’est avéré être le dénominateur commun le moins fort”, explique Pierre Baigorry. “On peut donc dire qu’on s’est créé au départ comme un groupe de reggae, en quelque sorte, mais au bout d’un moment c’est le dancehall qui s’est imposé à nous tout simplement. Mon frère (le batteur de Seeed, Based), Illvibe (l’ancien DJ de Seeed) et moi-même avons été les premiers à défendre ce son et l’avons en quelque sorte imposé aux autres. De plus en plus habitués au dancehall qui sévit désormais dans les clubs et les reggae-parties, les autres ont tout simplement dû suivre. Je veux dire que pour n’importe qui s’intéressant un peu à la création musicale c’est impossible de ne pas aimer le dancehall. C’est une musique qui est peut-être paraître terriblement simple. Mais avec un gros sound system l’efficacité de la production et la puissance des vocaux sont irrésistibles.”